Le concert a-t-il toujours été présenté sous la forme qu’on lui connaît maintenant? Début à 20 heures, deux demies d’environ 45 minutes, un programme « équilibré »? Alex Ross trace l’historique du genre dans ce fascinant article du New Yorker, paru aujourd’hui. Pour lire, c’est ici… (en anglais)
Vous voulez arracher la tête de votre voisin quand il tousse ou développe son bonbon avec une minutie horripilante? Vous voudriez faire avaler son cellulaire à celui qui laisse sa sonnerie de La flûte enchantée résonner pendant de longues secondes avant d’enfin mettre la main sur le bouton « off »? Le pianiste Pierre-Arnaud Dablemont aussi. À lire ici…
Tous les pianistes sont un jour confrontés à des douleurs dorsales ou cervicales, ou musculaires souvent localisées au niveau du cou et des épaules. Le pianiste Pierre-Arnaud Dablemont se penche sur la question. Pour lire l’article, c’est ici…
Cette pianiste (dont je tairai le nom parce que, heureusement, son histoire n’est pas unique) est en fait une pianiste amateur, dans le sens noble du terme, « qui aime », avec passion, de façon démesurée. En exposant pendant quelques minutes son parcours, assez atypique tout de même, elle a d’ailleurs mentionné que la musique était pour elle une drogue (et elle a repris le terme plus d’une fois). Comme plusieurs jeunes pianistes, elle a travaillé fort, participé à de nombreux concours, en a même remporté quelques-uns avant d’opter pour une carrière d’analyste financière de haut vol (elle continue d’ailleurs d’exercer ce métier, en tant que consultante). Pendant 17 ans, elle a fait taire la petite voix qui devait bien lui rappeler périodiquement qu’elle était pianiste.
Et puis, un jour, elle en a eu assez sans doute de l’entendre la narguer : elle a cédé. Elle a rouvert ses cahiers, s’est de nouveau assise au piano pendant de longues heures, a essayé de rattraper le temps définitivement envolé (quoi qu’elle fasse à partir de maintenant, ces années sont irrémédiablement perdues et il faut l’accepter). Elle a fait retravailler des groupes de muscles sans doute oubliés et a dû réapprivoiser ses réflexes de lecture. Elle a eu à relever ses manches mais elle a continué, parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. Elle a monté un programme de concert, l’a travaillé, l’a rodé, y a rêvé la nuit, y a cru, suffisamment pour oser le présenter en public, a même participé à un concours de piano pour amateurs (où elle s’est classée troisième).
Quand elle a expliqué son parcours, elle nous a confié qu’elle avait besoin de vivre en quatre dimensions et que, selon elle, le piano les englobait toutes : la satisfaction intellectuelle, l’élément émotif, le côté purement physique et l’élan créatif (venant de quelqu’un qui travaille en finances, vous admettrez que cette conclusion a quelque chose de profondément rassurant). Elle a aussi confié qu’elle avait l’impression que nous vivions dans un monde de plus en plus violent (« Peut-être est-ce parce que je vieillis », s’est-elle presque excusée) et que de pouvoir côtoyer la beauté sur une base quotidienne la comblait à plus d’un niveau.
Nombre de mes collègues professionnels auraient vilipendé ce concert. Ils n’auraient rien compris de l’essentiel du propos. Le pouvoir de la musique réside ailleurs et c’est tant mieux. Moi, j’ai entendu son message et je le laisse doucement décanter en moi.