Assistante de Chostakovitch de 1954 à 1959, Sofia Goubaïdoulina  est influencée par toutes formes de musiques rituelles, par la mystique chrétienne et la philosophie orientale. Elle elle a reçu de nombreux prix, dont le prix international du disque Koussevitzky (1989 et 1994), le prix Franco Abbiato (1991), le Heidelberger Künstlerinnenpreis (1991) et le prix de l’État russe (1992).

Elle a aussi écrit une charmante série de 14 pièces « pédagogiques », Musical Toys, défendus avec conviction par Marie-Claire Le Guay sur son tout nouvel enregistrement.

Vous pouvez les écouter en cliquant sur l’album. (Je ne saurais trop vous recommander l’écouter de l’envoûtant Introitus également, sur le même disque.) Les partitions sont disponibles chez Schirmer et plusieurs distributeurs de partitions en ligne.

Ernesto Nazareth a écrit nombre de pages fort attrayantes pour le piano, qui dégagent un charme suranné mais restent actuelles dans le cadre d’un enseignement aux élèves de niveau intermédiaire à avancé. On peut maintenant retrouver toutes ses partitions, devenues récemment libres de droit, en ligne, ici…

Vous avez parfois l’impression que vos voisins vous regardent avec de gros yeux quand vous travaillez votre instrument ou donnez des leçons? Vous n’êtes pas seul! Une lettre ouverte au gouvernement français vient d’être transmise par Vanina Paoli, présidente syndicale des métiers de la musique, pour qu’une pratique instrumentale soit permise (et acceptée avec relatif bon gré) lors de certaines plages horaires. Papageno en parle ici…

« Tu rigoles? Ah non non non! »

Est-il encore possible de revisiter les Tableaux d’une exposition de Moussorgski sans donner l’impression que tout a été déjà dit? C’est ce que tentent de faire le pianiste Leif Ove Andsnes et l’artiste Robin Rhode dès cette semaine, dans une série de concerts assez éblouissante, donnée en Amérique (la seule ville canadienne visitée est Calgary, malheureusement) et en Europe. La première sera donnée à New York ce vendredi.

Le vidéo de présentation est particulièrement interpellant. Un coffret spécial DVD/CD/livre témoigne du périple et sera bientôt disponible… C’est Noël bientôt, non?

Nous avons tous été témoins, à un moment ou un autre, de la puissance brute de la musique.  Ainsi, il y a quelques semaines, une de mes élèves adultes a vu certains acquis émotionnels profondément ébranlés par la sonate de Mozart qu’elle travaillait. Souvent, la musique touche au-delà de toute chose et rejoint même ceux qui vivent plus ou moins prisonniers de leurs corps, de leurs têtes.

Je viens tout juste de lire un billet particulièrement troublant, qui explique comment une apparition du pianiste André Watts à l’émission pour enfants Mr. Rodgers’ Neighbourhood il y a plusieurs années a changé profondément la vie d’une famille avec une enfant retardée. Je n’ai pu faire autrement que de vouloir le partager. À lire ici… (le texte est en anglais)

Parfois, sans qu’on s’y attende, un livre remarquable nous passe entre les mains. Rencontre exceptionnelle entre cinq grands artistes – le compositeur Pierre Boulez, le poète Yves Bonnefoy, la peintre québécoise Carol Bernier, la violoniste française Jeanne-Marie Conquer et la regrettée contralto Kathleen Ferrier -, Quêtes d’absolus comprend trois poèmes de Bonnefoy à sujet musical, Ut musica poesis (lus par le poète sur un des deux disques) mais aussi un texte sur les relations entre la poésie et la musique, les explications de Boulez au sujet de ses œuvres Anthèmes 1 et 2 (qu’on retrouve sur un même disque pour la première fois), tant écrites que sonores (rien de tel pour mieux décortiquer une œuvre contemporaine) et un essai complet sur les liens entre la musique et la poésie dans les oeuvres d’Yves Bonnefoy signé Jean-Jacques Nattiez.

Ce serait déjà beaucoup mais on y a aussi intégré des enregistrements d’œuvres évoquées par Bonnefoy dans son texte (dont un des lieder du Chant de la terre de Mahler chanté par Ferrier), des facsimilés des premières ébauches d’Anthèmes 1 et des reproductions de cinq tableaux de Carol Bernier, inspirés par Anthèmes 1 (ainsi que des extraits de son journal de création). Comment oser affirmer ensuite que l’art contemporain, sous toutes ses formes, est inaccessible (surtout à 30 $ pour un tel objet)?

Je l’admets volontiers: j’aime l’Halloween. Autant la fête me laissait froide quand j’étais enfant (je ne comprenais pas l’intérêt de ramasser des bonbons puisque je n’en mangeais que très peu), j’ai fini par bien aimer son côté ludique en vieillissant. Avec mes élèves, nous travaillons dans la semaine qui précède des pièces où les fantômes et les dissonances ont la part belle. J’intègre jeu de notes en forme de sorcières, présentation de « classiques » et, bien sûr, friandises.

Mardi soir, j’ai proposé une expérience de composition/improvisation à trois élèves, membres d’une même fratrie. Nous avons commencé par réfléchir à ce qui rendait une musique « épeurante » (les dissonances, les crescendos intempestifs, les silences dramatiques, l’accord de septième diminuée, les tonalités mineures, etc.) et puis, je les ai invités dans un laboratoire de création digne du Dr. Frankenstein.

Sur un simple motif du premier (assez astucieux, je dois dire, en mineur, comme par hasard!), la plus jeune a brodé un ostinato pendant que l’aînée commentait de façon dramatique. Trois ou quatre prises plus tard, nous avons convié la mère et la cadette de deux ans au « concert » et avons même immortalisé le tout sur mp3. (Merci, Audacity!) Le plus amusant est que, quand nous avons réécouté le tout (la pièce ou plutôt le work in progress dure un peu moins de 90 secondes), la cadette s’est subtilement approchée du piano et a décidé de, elle aussi, intégrer quelques commentaires musicaux bien ciblés à la trame narrative. Après concertation, un titre a été donné à la chose: Mystère et boules de notes!

Lynne Gagné

Jeune, belle et dynamique.  Mélina Claude ne cesse de nous surprendre par ses compositions riches en créativité. Pourtant, ce n’est que depuis 2006 que Mélina a décidé d’écrire sa musique en partition même si elle s’adonne à la composition et à l’improvisation au piano et à la guitare depuis l’âge de 7 ou 8 ans.  C’est grâce à une œuvre particulière que son désir d’écriture réelle naît.  Mélina a composé une pièce pour sa mère alors qu’elle luttait contre la maladie et c’est suite à cette bataille gagnée qu’elle écrit sa première partition qui lui a été dédiée.  Rapidement, elle se voit offrir des commandes qui lui confirment cette passion de l’écriture qu’elle avait cultivée depuis un bon moment déjà.  À l’heure actuelle, elle a plublié la « petite suite pour Thérèse » mais elle se promet de publier une douzaine d’œuvres d’ici 2010.

Malgré son jeune âge, Mélina a déjà une quanrantaine d’œuvres à son actif pour piano solo et piano à quatre mains de différents niveaux de difficulté.  Il faut dire qu’elle improvise depuis presque toujours (« depuis toute petite »).  À ce moment elle se plaisait à improviser dans tous les styles en touchant un peu au style jazz et blues.  C’est ce qui l’amènera à se perfectionner auprès de compositeurs tels que Allan Crossman.  Mais Mélina se considère avant tout comme une autodidacte.  Elle aime suivre son instinct qui la guide de façon très sûre.  D’un simple élan, un thème, une mélodie, cette jeune compositrice se laisse emporter dans une dimension d’images et de narration d’où nait simultanément une recherche harmonique qui sort des sentiers battus, des conventions traditionnelles.  La liberté musicale est son pôle d’attraction et elle ne fait aucun compromis pour satisfaire cette attirance, que ce soit par le métissage de genres ou le défi des règles (« déconstruire certaines règles» écrit-elle). Mélina n’a qu’un seul objectif la recherche de textures musicales.  Lisez la suite

Mardi le 20 octobre, si vous avez emprunté le métro en après-midi à la station Berri-UQAM, vous avez peut-être bien eu droit à un concert exceptionnel. Titillé sans doute par l’expérience réalisée par Joshua Bell dans le métro de Washington, le quotidien La Presse a décidé de retenter le coup, cette fois avec Alexandre da Costa, bientôt 30 ans, l’un des jeunes violonistes canadiens les plus en vue, invité de l’OSM la semaine prochaine.

Pendant 55 minutes, notre musicien a donc joué, incognito, en jeans et en chandail décontract (lui qui ne porte habituellement que des chemises!) des œuvres de Kreisler, Tchaïkovski, Bach et John Williams. Et alors? Les Montréalais sont-ils plus « cultivés » que les habitants de Washington? Les fans se sont-ils arrachés le t-shirt de la « vedette »? Pas tout à fait, mais quand même…

Si le violoniste n’a été reconnu que par une seule personne du milieu, plusieurs personnes se sont révélées séduites par son jeu et l’éclat de son Stradivarius. Certaines personnes se sont vraiment arrêtées pour profiter du concert. Mieux: une jeune étudiante a texté en vitesse ses copains pour qu’ils viennnent aussitôt entendre le prodige (Alexandre étant l’un des rares à avoir plutôt bien négocié son passage vers l’âge adulte). Morale de cette histoire: ce sont essentiellement les jeunes qui ont craqué pour son jeu. Après, on essaiera de me faire croire qu’ils sont nécessairement indifférents à ce genre de stimuli.

On peut lire l’article de Nathalie Petrowski ici, l’analyse de la philosophe Mélissa Thériault ici plutôt et des réactions de passants là. Il y a fort à parier qu’Alexandre ressentira des émotions bien différentes quand il montera sur la scène de Wilfrid-Pelletier ce soir, « protégé » par le décorum et le silence attentif.

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