pédagogie

Vous êtes en train de parcourir l'archive de la catégorie pédagogie.

Francis Dubé, professeur adjoint de didactique instrumentale à l’Université Laval offrira un cours de perfectionnement en pédagogique via Internet. En effet, ce cours unique offre la possibilité à tous les pédagogues de perfectionner, de façon personnalisée, l’enseignement de leur instrument. Un heureux mélange de connaissances pédagogiques de base et d’applications concrètes grâce à des exercices pratiques variés vous guidera dans votre démarche de pédagogue. De plus, le volet personnalisé met à votre disposition des capsules consacrées à chaque instrument, vous rendant le tout directement adaptable et facilement transférable. Vous pouvez vous inscrire comme étudiant libre, nul besoin d’être étudiant à la faculté!

Pour plus de détails: www.centreexcellence.mus.ulaval.ca

Recommencer

J’ai un immense respect pour ces adultes qui décident de se confronter une fois de plus à un instrument, après l’avoir délaissé pendant 10, 20 ou même 30 ans. Cette année, par un curieux concours de circonstances, j’en ai plusieurs dans ma classe.

Avoir fait 10 ans de piano il y a 30 ans peut être parfois ingrat. On se souvient que l’on savait alors jouer des pièces de niveau avancé mais elles ne reviennent que par bribes. Les réflexes de lecture, non exercés pendant une si longue période, semblent parfois déficients, rendant le travail sur une nouvelle pièce doublement ardu.

Surtout, il y a l’ego, presque impossible à mater quand on a dépassé la trentaine. Non, ce n’est pas que ces dames en aient un surdimensionné, ce serait en fait plutôt le contraire. Dans le lot, j’ai deux battantes, deux féministes de la première heure, ces pionnières qui ont complété un cursus universitaire au milieu d’un océan d’hommes, qui ont dû s’élever au-dessus de la masse avec volonté, qui ont atteint des sommets professionnels assez saisissants. Mais mettez-les face à un instrument de musique, un objet particulièrement ingrat s’il en est (même les professionnels vous le diront), et cela vous remet le caquet au plus bas en une croche pointée suivie d’une double.

Le plus difficile ici est le lâcher-prise, comme dans accepter que les sonorités produites ne seront pas celles que l’on conserve au creux de notre image mentale. Non, notre interprétation ne ressemblera pas à celle de Brendel. Oui, de jouer devant un professeur est terrifiant. (J’ai parfois l’impression d’être devenue une tortionnaire quand je les vois palpiter devant moi, avec une difficulté certaine à respirer correctement.) Oui, la mémoire est une faculté qui oublie. Oui, les doigts ne suivent plus aussi vite qu’on le souhaiterait.

De la part d’un prof, cela exige aussi un lâcher-prise, d’un autre type. J’essaie bien sûr de les réconforter, de leur faire comprendre que je n’ai pas d’attentes face à elles, que je n’ai pas un fouet caché dans ma poche arrière. Cela demande une bonne dose d’abnégation et de psychologie. Mais quand les planètes sont alignées et que, enfin, on joue pour le plaisir, toutes les barrières semblent tomber d’un seul coup (même si jamais longtemps) et là, on assiste à un instant de musique mais surtout de réelle communication: communion avec la musique, réconciliation avec celle d’avant, volonté consciente d’être entendu. Parce que, même si la musique est une activité qui se pratique dans l’intimité d’un studio de pratique, elle ne prend son sens véritable que lorsqu’elle est partagée.  LR

Vous avez des expériences à partager avec nous? N’hésitez pas à nous laisser un commentaire.

Par un jeu de ping-pong qui m’a permis de sauter d’un site à l’autre, grâce à des commentaires que j’avais trouvé fort pertinents sur un sujet tout de même fascinant (devrions-nous inclure l’étude des autres modes quand nous travaillons les gammes avec les élèves?), j’ai découvert le blogue, récemment ouvert (moins d’un mois) de la pédagogue et compositrice Elissa Milne. (On lui doit notamment les séries Little Peppers et Pepperbox Jazz.) Elle s’interrogeait notamment hier sur la question: « Pourquoi enseignez-vous? » À lire ici… (textes en anglais)

40743_5Geneviève Beaudet

Fondé en 2002, les Jeunes Musiciens du Monde ont le vent dans les voiles. La mission de ce jeune organisme à but non lucratif est de « contribuer à l’épanouissement des jeunes de milieux populaires en développant des écoles de musique gratuites, axées sur le patrimoine ». Présentement, cela se traduit par quatre écoles de musique traditionnelle actives : Montréal, Québec, Kitcisakik (communauté autochtone en Abitibi) et Dharwad, en Inde, où le projet a été initié. Plusieurs autres projets sont également en développement, tant au Québec que dans d’autres pays. Les deux écoles urbaines sont volontairement implantées dans des quartiers défavorisés, le quartier St-Sauveur (Québec) et Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.

À Montréal, on y enseigne gratuitement le violon, la guitare, le piano, l’harmonica et la flûte en cours individuel. On prête aussi les instruments gratuitement si nécessaire. Mais les quelque 60 élèves doivent obligatoirement suivre un cours de groupe (chant, percussion, danse) pour avoir droit à un cours privé, stratégie gagnante pour un organisme qui vise également « l’épanouissement social de l’enfant dans son milieu » et qui travaille en concertation avec d’autres organismes du quartier, comme le Centre d’assistance aux enfants en difficulté, fondé dans le même quartier par le Dr Julien, un pédiatre social reconnu pour son approche novatrice dans la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale. « Le Dr Julien nous a référé plusieurs enfants. Nous avons aussi donné quelques cours de musique chez eux à l’occasion », nous explique Véronique Plasse, coordonnatrice de l’école de Montréal. Lisez la suite

Peter Jancewicz

Je réfléchis souvent aux besoins de mes étudiants qui, tels des tamias sortis de leurs confortables et douillets terriers, chaque semaine, se présentent bravement à mon studio pour leur leçon. Parmi ceux-ci, on retrouve un éventail complet d’âges, de talents, de motivations et de personnalités, des petits qui commencent à peine à se mouiller les pieds à ces vétérans adolescents ronchons qui, grâce à leur persévérance, leur détermination et l’aide précieuse du talent et du soutien parental, explorent avec exaltation et une crainte mêlée de respect les territoires convoités de Beethoven et Bach. Heureusement qu’il n’y a que deux sexes, sinon la complexité de l’opération serait écrasante ! Je suis constamment stupéfait du nombre impressionnant de rôles différents que je dois assumer si je veux bien enseigner. Voici quelques-uns des couvre-chefs que les professeurs doivent, selon moi, revêtir s’ils tiennent à avoir un impact dans la vie de leurs élèves.

Pour les débutants, et malheureusement pour nombre d’élèves plus âgés qui ne l’ont pas encore compris, nous sommes des comptables, prudents, soignés, exigeants, mais remplis de chaleur et d’humour, histoire de ne pas les effrayer. Constamment, nous soulignons l’importance de la lecture claire et précise de la partition, de l’exactitude des notes jouées, des rythmes, des articulations, des nuances et j’en passe. Si l’on ne porte pas attention ou si l’on ne maîtrise pas ces menus détails, une opération pourtant facile à régler, il est impossible d’être artistique et expressif. La partition est une carte, une notice détaillée  qui a besoin d’être vérifiée deux fois plutôt qu’une pour être certain que l’étudiant mérite un présent cette année ! Évidemment, ceci n’est que le commencement, la base sur laquelle l’édifice du jeu pianistique reposera. Lisez la suite